RAPACES
Des rapaces, une douzaine, planent
dans les aires sans vent qui dominent la grande île
Lesquels ? Leurs longues ailes effilées,
leurs corps si brefs, leur présence à Paris
les privent de nom, les délivrent de leurs noms.
*
Ils déroulent leur fiction singulière
Dans un nulle part visible au-dessus de la ville.
Ils semblent fixer de craintives bestioles,
guetter des musaraignes, des campagnols,
tapis dans les broussailles du chauve parvis.
*
Ils font tournoyer là-haut,
nonchalamment, leur être, leur en-soi
Ils fendent le temps de leur double cimeterre,
en déplaçant sans cesse le cercle de leur danse,
en narguant les mots, le regard captatif.
Michael Edwards